Le pin press est un développé couché qui part arrêté depuis les sécurités d'un rack : la barre repose sur les barres de sécurité à la hauteur que tu choisis, et tu pousses sans descente préalable. Il sert le développé couché en renforçant ton point de blocage et ta capacité à produire de la force sans élan. Il convient aux lifters intermédiaires et avancés qui savent déjà à quelle hauteur leur bench ralentit.

FicheEn bref
Mouvement serviDéveloppé couché : force au point de blocage et départ sans élan
Muscles principauxPectoraux, triceps, deltoïdes antérieurs, avec davantage de triceps quand les sécurités montent
MatérielRack avec sécurités réglables, banc plat, barre
NiveauIntermédiaire : il faut connaître sa zone de blocage pour régler la bonne hauteur
Place dans la séanceAprès le développé couché de compétition, comme variante principale du jour
Séries et répétitions3–5 × 1–5
Charge de départ70–80 % de ton 1RM au développé couché près de la poitrine, 80–90 % au milieu de l'amplitude, RPE 7

Pin press : les consignes d'exécution

  1. Trouve ta hauteur. Filme une série lourde de bench de profil et repère l'endroit où la barre ralentit le plus : règle les sécurités à ce niveau, ou un trou en dessous. Le départ juste au-dessus de la poitrine s'appelle parfois dead bench.
  2. Vérifie la hauteur allongé, dans ton setup complet, puis ajuste. Avec ton pontage, ta poitrine est plus haute qu'à plat, et sur beaucoup de racks un trou représente 2,5 à 5 cm, de quoi changer l'exercice. Note le numéro du trou pour retrouver la même hauteur à chaque séance.
  3. Place-toi pour que la barre repose au-dessus de l'endroit où elle passe dans ton bench à cette hauteur. Ta trajectoire remonte vers les épaules : plus les sécurités sont hautes, plus la barre doit se trouver vers ta tête par rapport à ton point de touche.
  4. Installe ton setup sous la barre posée : prise de compétition, omoplates serrées et abaissées, pontage, pieds ancrés. Comme tu ne descends pas dans ta position, construis la tension avant de pousser : serre la barre, enfonce le haut du dos dans le banc, mets les jambes en tension.
  5. Inspire, gaine, puis pousse d'un coup en accélérant. Le premier centimètre est le plus dur : tu pars de zéro, en concentrique pur, sans l'élan que donne la descente d'un bench normal.
  6. Suis ta trajectoire habituelle, vers le haut et légèrement vers le rack, jusqu'au verrouillage complet.
  7. Redescends sous contrôle et pose la barre sur les sécurités sans la faire claquer. Laisse-la reposer une à deux secondes sans relâcher ton dos ni tes jambes, puis repars : chaque répétition part d'un vrai arrêt.

Erreurs fréquentes au pin press

  • Régler la hauteur au hasard. Tu renforces une zone qui ne te limite pas. Pars d'une vidéo de ton bench lourd et note le trou utilisé.
  • Mal aligner la barre. Trop vers les pieds ou trop vers la tête, tu pousses dans un angle qui n'existe pas dans ton bench. Ajuste ta position sur le banc avant de construire ton setup.
  • Tout relâcher entre les répétitions. Les épaules roulent vers l'avant, le pontage s'affaisse et chaque répétition repart d'une position différente. Seule la barre se pose, le reste du corps reste en place.
  • Faire claquer la barre sur les sécurités. Le choc crée un petit rebond qui transforme le départ arrêté en touch and go. Freine la fin de la descente.
  • Arracher la barre. Sans tension préalable, un côté décolle avant l'autre et ta prise bouge. Monte la tension, puis pousse.
  • Monter les sécurités pour charger plus. Plus haut, tu soulèves plus lourd, mais ton point de blocage n'est plus travaillé. Choisis la hauteur d'après la vidéo, et la charge ensuite.
  • Décoller les fessiers pour lancer la barre. Le départ arrêté donne envie de pousser si fort dans les jambes que le bassin se soulève. Garde les fessiers posés : en compétition, les décoller fait refuser la barre.

Comment intégrer le pin press dans ton programme

Le pin press s'utilise surtout en phase d'intensification, une fois par semaine, pendant 3 à 6 semaines à la même hauteur, après ton bench de compétition. Fais 3 à 5 séries de 1 à 5 répétitions à RPE 7 à 9, avec 3 à 4 minutes de repos : chaque départ demande un effort maximal.

La charge dépend de la hauteur. Juste au-dessus de la poitrine, un bon point de départ est 70 à 80 % de ton 1RM au développé couché pour des séries de 3 à 5 ; au milieu de l'amplitude, 80 à 90 %. Plus haut, tu peux dépasser ton max, mais garde ce travail pour des blocs courts. Prends un calcul de 1RM récent comme référence, puis ajuste au RPE : le départ arrêté rend souvent les premières séances plus dures que prévu.

Exemple sur 4 semaines, sécurités réglées à ta zone de blocage :

SemaineSéries × repsIntensité
14 × 5RPE 7, environ 78 % du 1RM bench
25 × 4RPE 7,5, environ 81 %
35 × 3RPE 8, environ 85 %
44 × 2RPE 8–9, environ 88–90 %

Il cible un blocage net à une hauteur précise : la barre ralentit toujours au même endroit, et tu le vois sur toutes tes vidéos lourdes. Il aide aussi les lifters qui ont besoin du rebond sur la poitrine pour démarrer, puisqu'il les oblige à créer leur tension sans élan.

Évite-le si tu rates à des endroits différents d'une séance à l'autre : un manque de force générale se règle avec du volume au développé couché, pas avec une hauteur précise. Retire-le aussi deux à trois semaines avant une compétition, quand ton bench avec pause doit reprendre toute la place.

Variantes et alternatives au pin press

  • Spoto press : la barre s'arrête juste au-dessus de la poitrine, sans rien toucher. Tu gardes la descente et tu tiens la charge pendant la pause, alors qu'au pin press les sécurités la portent et tu pars de zéro.
  • Pin squat : le même principe appliqué au squat, depuis des sécurités réglées au point bas ou à ton point de blocage. La logique de réglage est identique, avec un gainage de squat.
  • Board press : la barre descend et touche des planches posées sur la poitrine. Tu gardes la descente, donc tu charges plus lourd qu'au pin press à hauteur égale.
  • Floor press : la hauteur est fixée par tes bras posés au sol, sans pontage ni jambes. Plus simple à installer, moins précis sur la hauteur.
  • Pin press isométrique : avec deux paires de sécurités, tu décolles la barre de quelques centimètres jusqu'à celles du haut et tu pousses contre elles 3 à 6 secondes, à ta zone de blocage. Deux ou trois séries suffisent en complément.

Questions fréquentes

À quelle hauteur régler les sécurités au pin press ?

À ta zone de blocage, ou un trou en dessous. Filme une série lourde de développé couché de profil et repère l'endroit où la barre ralentit le plus. Vérifie ensuite la hauteur allongé, dans ton setup complet, et note le numéro du trou.

Quelle différence entre pin press et Spoto press ?

Au Spoto press, tu descends la barre et tu la tiens immobile juste au-dessus de la poitrine, sans support. Au pin press, la barre repose sur les sécurités et tu pars sans descente. Le Spoto press travaille le contrôle en bas, le pin press la force de départ à une hauteur choisie.

Faut-il reposer complètement la barre sur les sécurités ?

Oui, laisse-la reposer une à deux secondes pour supprimer tout élan. Seule la barre se pose : ton dos, ta prise et tes jambes restent en tension, sinon chaque répétition repart d'une position différente.

Quelle charge prendre au pin press ?

Elle dépend de la hauteur. Près de la poitrine, commence vers 70 à 80 % de ton 1RM au développé couché pour 3 à 5 répétitions ; au milieu de l'amplitude, vers 80 à 90 %. Ajuste ensuite au RPE, car le départ arrêté surprend souvent les premières séances.