Le Larsen press, ou développé couché jambes tendues, est un bench fait jambes allongées devant toi, talons à peine posés ou pieds décollés du sol, sans aucun leg drive. Il sert le développé couché en obligeant le haut du dos à tenir seul la position et la trajectoire de la barre. Il convient aux lifters intermédiaires et avancés qui perdent leur setup quand la charge monte, ou qui comptent trop sur leurs jambes.

FicheEn bref
Mouvement serviDéveloppé couché : tension du haut du dos et trajectoire stable, sans l'aide des jambes
Muscles principauxPectoraux, triceps, deltoïdes antérieurs ; haut du dos et sangle abdominale en stabilisation
MatérielBanc de développé couché et barre ; un partenaire pour la sortie de barre si possible
NiveauIntermédiaire : il faut déjà un setup de bench maîtrisé pour voir ce que les jambes t'apportaient
Place dans la séanceAprès le développé couché de compétition, ou en mouvement principal d'une séance de bench plus légère
Séries et répétitions3–5 × 4–8
Charge de départ65–75 % de ton 1RM au développé couché, RPE 6–8

Larsen press : les consignes d'exécution

  1. Installe-toi comme pour ton bench : yeux sous la barre, prise de compétition, omoplates serrées et abaissées, poitrine haute. Tout doit ressembler à ta technique de développé couché habituelle sauf les jambes, sinon tu ne sauras pas ce qui a changé.
  2. Tends les jambes devant toi, serrées ou à largeur de hanches, quadriceps contractés et pointes de pieds tirées vers toi. Les talons touchent à peine le sol, ou les pieds restent décollés de quelques centimètres. Pieds décollés, l'exercice devient nettement plus instable : choisis une version et garde-la sur tout le bloc.
  3. Garde les fessiers sur le banc. Une partie de ton pontage venait de la poussée des pieds, il va donc baisser : cherche l'extension dans le haut du dos plutôt que dans les lombaires. Le guide du pontage au développé couché montre comment pontage et leg drive se construisent ensemble.
  4. Fais-toi passer la barre si tu peux. Seul, sors-la pieds au sol, amène-la au-dessus des épaules, puis tends les jambes une à une sans bouger le haut du dos. C'est pendant la sortie que tu risques le plus de perdre tes omoplates.
  5. Inspire en haut, bloque l'air, puis descends vers ton point de touche habituel en deux secondes environ. Sans les jambes pour te caler, une barre qui tombe vite est difficile à freiner proprement.
  6. Marque une pause d'une seconde sur la poitrine, comme en compétition. Elle supprime le rebond et te montre si ton dos tient : si la barre s'enfonce ou si tes épaules avancent pendant la pause, la charge est trop lourde.
  7. Pousse vers le haut et légèrement vers le rack sans bouger les jambes. Ce qui bouge en bas se voit en haut : une jambe qui se lève fait tourner le bassin et la barre penche.
  8. Verrouille, puis repose les pieds au sol avant de remettre la barre dans le rack, pour retrouver un appui stable à ce moment-là.

Erreurs fréquentes au Larsen press

  • Pousser dans les talons. Le leg drive revient en douce et l'exercice redevient un bench classique mal installé. Garde les talons légers, ou décolle les pieds de quelques centimètres.
  • Décoller les fessiers pour retrouver de l'appui. Tu compenses avec le bassin ce que le haut du dos ne tient plus. Baisse la charge jusqu'à ce que les fessiers restent posés sur toutes les répétitions.
  • Creuser les lombaires pour garder ton pontage habituel. Jambes tendues, la cambrure vient alors du bas du dos au lieu du haut, et le transfert vers ton bench diminue. Accepte un pontage plus bas et garde la poitrine haute grâce aux omoplates.
  • Laisser les jambes bouger pendant la poussée. Le bassin tourne et la barre monte de travers. Contracte les quadriceps et garde les pieds immobiles jusqu'au verrouillage.
  • Charger comme ton bench. La série finit en grind, les épaules avancent et la barre part vers le visage. Compte en général 5 à 15 % de moins que ton bench de compétition.
  • Laisser dériver le point de touche. Sans le calage des jambes, la barre se pose un peu plus haut ou plus bas d'une répétition à l'autre. Filme-toi de profil pour vérifier que tu touches au même endroit qu'en bench.

Comment intégrer le Larsen press dans ton programme

Le Larsen press sert surtout en phase de base et en début d'intensification, une à deux fois par semaine. Place-le en variante secondaire après ton bench de compétition, ou en mouvement principal d'une séance de bench plus légère. Fais 3 à 5 séries de 4 à 8 répétitions à RPE 6 à 8, avec 2 à 4 minutes de repos.

Côté charge, compte en général 5 à 15 % de moins que ton développé couché de compétition, et davantage si ton bench s'appuie sur un gros leg drive et un grand pontage. Un bon point de départ est 65 à 70 % de ton 1RM pour des séries de 6. Ajoute ensuite 2,5 kg par semaine tant que la pause reste nette et que le RPE ne dépasse pas la cible. Si ton 1RM date de plusieurs mois, estime-le avec un calcul de 1RM à partir d'une série récente.

Exemple sur 4 semaines, une séance par semaine :

SemaineSéries × repsIntensité
13 × 6RPE 6–7, environ 67 % du 1RM bench
24 × 6RPE 7, environ 70 %
34 × 5RPE 7–8, environ 73 %
43 × 4RPE 8, environ 76 %

Il cible un bench qui se défait sous charge : épaules qui avancent pendant la descente, fessiers qui décollent, barre qui part vers le visage quand les jambes poussent fort. Il aide aussi si tu glisses sur le banc pendant la poussée ou si ta barre penche d'un côté : sans les jambes, ces défauts deviennent visibles et tu peux les corriger.

Laisse-le de côté si ton vrai problème est un leg drive mal construit, puisqu'il retire justement les jambes que tu dois apprendre à utiliser. Retire-le aussi dans les deux ou trois dernières semaines avant une compétition, où tu as besoin de répéter ton setup complet. Si tu débutes, apprends d'abord ton bench avec les pieds : sans cette référence, le Larsen press ne t'apprend pas grand-chose.

Variantes et alternatives au Larsen press

  • Feet-up bench : genoux pliés, pieds posés sur le banc ou en l'air. Le bassin bascule et le dos se retrouve presque à plat, tu perds encore plus de pontage qu'au Larsen press.
  • Floor press : il retire aussi les jambes et coupe en plus le bas de l'amplitude. À choisir si ton problème est le verrouillage plutôt que la stabilité.
  • Spoto press : pause sans contact juste au-dessus de la poitrine. Il se combine bien avec le Larsen press si tu perds à la fois la tension du dos et le contrôle en bas.
  • Larsen press avec pause longue : 2 à 3 secondes sur la poitrine, pour charger encore plus le maintien du haut du dos. Retire environ 5 % à ta charge habituelle.
  • Développé couché haltères : chaque bras se stabilise seul, utile si ton Larsen press révèle un côté plus faible que l'autre.

Questions fréquentes

Combien de kilos en moins au Larsen press ?

En général 5 à 15 % de moins que ton développé couché de compétition. L'écart est plus grand si ton bench repose sur un fort leg drive et un grand pontage. Commence vers 65 à 70 % de ton 1RM pour des séries de 6, puis ajuste au RPE.

Quelle différence entre Larsen press et feet-up bench ?

Au Larsen press, les jambes sont tendues, talons à peine posés ou pieds décollés. Au feet-up bench, les genoux sont pliés et les pieds posés sur le banc ou en l'air, ce qui aplatit encore plus le dos. Les deux retirent le leg drive, le Larsen press garde un peu plus de pontage.

Faut-il marquer une pause sur la poitrine au Larsen press ?

Oui, une pause d'environ une seconde le rapproche de ton bench de compétition et supprime le rebond. C'est aussi le moment où tu vois si ton haut du dos tient : si la barre s'enfonce pendant la pause, la charge est trop lourde.

Le Larsen press est-il utile pour un débutant ?

Il n'est pas prioritaire. Un débutant gagne plus à apprendre son setup complet, leg drive compris. Le Larsen press devient intéressant quand tu sais déjà où ton bench se défait sous charge.