Le seal row est un rowing buste appuyé : allongé à plat ventre sur un banc surélevé, tu tires une barre ou des haltères vers le dessous du banc. Le banc porte ton buste, donc le haut du dos travaille de façon stricte pendant que tes lombaires restent au repos, ce qui en fait un bon choix pendant les blocs lourds de squat et de soulevé de terre. Il convient à tous les niveaux, à condition de pouvoir monter un banc assez haut et stable.

FicheEn bref
Mouvement serviDéveloppé couché (omoplates serrées et stables sur le banc) et soulevé de terre (dorsaux), sans fatigue lombaire
Muscles principauxRhomboïdes, trapèzes moyens et inférieurs, grand dorsal, deltoïdes postérieurs, biceps
MatérielBanc de seal row, ou banc plat posé sur deux plyo box stables ; barre olympique ou haltères
NiveauDébutant à avancé : le banc fixe la position et la technique s'apprend en une séance
Place dans la séanceEn fin de séance, après le mouvement principal et les assistances lourdes
Séries et répétitions3–4 × 8–12
Charge de départ40–50 % de ton 1RM au développé couché avec une barre, RPE 7

Seal row : réglage du banc et consignes d'exécution

Tout se joue sur la hauteur du banc. Bras tendus, la charge ne doit pas toucher le sol, sinon tu raccourcis l'amplitude ou tu poses la barre à chaque répétition. Avec des disques de 45 cm de diamètre, il faut souvent un banc de 80 à 90 cm de haut selon la longueur de tes bras ; avec des haltères, autour de 70 cm peut suffire. Un banc plat classique mesure autour de 45 cm : pose-le sur deux plyo box ou deux supports solides de même hauteur.

  1. Vérifie la stabilité avant de t'allonger : le banc ne doit ni basculer ni glisser quand tu appuies sur une extrémité. Une chute avec une barre chargée sous toi est le vrai risque de l'exercice.
  2. Allonge-toi sur le ventre, le haut de la poitrine près de l'extrémité du banc, la tête dans le vide en position neutre. Jambes tendues et serrées, pointes de pieds posées sur le banc, bras pendus de chaque côté.
  3. Fais un test à vide : bras tendus, garde quelques centimètres entre la charge et le sol. Prends ensuite la barre en pronation, mains un peu plus larges que le banc, ou les haltères en prise neutre.
  4. En bas, laisse les épaules descendre vers le sol pour écarter les omoplates. C'est le début de l'amplitude, celle que le haut du dos doit apprendre à contrôler.
  5. Tire en serrant d'abord les omoplates, puis en emmenant les coudes vers les hanches, jusqu'au contact de la barre avec le dessous du banc. Avec des haltères, monte jusqu'à ce que les coudes dépassent le buste.
  6. Marque une seconde de pause en haut, omoplates serrées et basses. C'est la position que tu cherches sur le banc dans ta technique au développé couché, travaillée ici sous charge et sans fatigue lombaire.
  7. Redescends en 2 à 3 secondes jusqu'aux bras tendus. La descente contrôlée garde la tension sur le haut du dos et évite que la charge tire tes épaules d'un coup.
  8. Inspire en bas, tire, souffle en redescendant. Le banc te porte, donc tu n'as pas besoin du gainage maximal d'un soulevé de terre, mais ta poitrine reste collée au banc du début à la fin.

Erreurs fréquentes au seal row

  • Le banc est trop bas. La charge touche le sol à chaque répétition, tu perds l'étirement en bas et l'amplitude se raccourcit. Monte le banc, prends des disques de plus petit diamètre ou passe aux haltères.
  • La poitrine décolle du banc. Tu lances la barre avec les lombaires et les jambes, ce qui annule l'intérêt de l'appui. Baisse la charge de 10 à 15 % et garde le sternum collé au banc.
  • Les épaules montent vers les oreilles. Le tirage passe dans les trapèzes supérieurs au lieu de serrer les omoplates. Pense « épaules loin des oreilles » et tire les coudes vers les hanches.
  • Tu remontes avant d'avoir les bras tendus. Sans omoplates écartées en bas, tu travailles une demi-amplitude. Laisse les épaules descendre complètement à chaque répétition.
  • La tête se relève pour regarder devant. La nuque reste en extension pendant toute la série. Garde le regard vers le sol, menton légèrement rentré.

Comment intégrer le seal row dans ton programme

Le seal row sert dans toutes les phases, mais il prend tout son sens en intensification et en peaking, quand le squat et le soulevé de terre lourds sollicitent déjà tes lombaires. Place-le une à deux fois par semaine en fin de séance : 3 à 4 séries de 8 à 12 répétitions à RPE 7–8, avec 90 secondes à 2 minutes de repos. Compte ces séries dans ton volume de tirage de la semaine, comme le détaille le guide volume, intensité et fréquence.

La méthode la plus simple est la double progression : garde la même charge et ajoute des répétitions, puis augmente la charge quand tu atteins le haut de la fourchette. Avec une barre, un bon point de départ est 40 à 50 % de ton 1RM au développé couché, à ajuster ensuite au RPE.

SemaineSéries × repsIntensité
13 × 8RPE 7, environ 45 % du 1RM développé couché
23 × 10RPE 7–8, même charge
33 × 12RPE 8, même charge
44 × 8RPE 7–8, +5 kg

Il cible les omoplates qui glissent en fin de série de développé couché et un haut du dos qui s'enroule sous la barre au squat. Il est moins utile si tu veux travailler la mise en tension depuis le sol et le gainage debout : le pendlay row est alors plus proche de ton soulevé de terre. Et si ta salle ne permet pas un montage stable, ne bricole pas : fais un rowing haltères poitrine appuyée sur banc incliné.

Variantes et alternatives au seal row

  • Pendlay row : même tirage horizontal, debout, avec un départ arrêté au sol et une montée explosive. Plus proche du soulevé de terre, mais tes lombaires travaillent.
  • Seal row aux haltères : les haltères passent de chaque côté du banc, ce qui donne plus d'amplitude en haut, avec une prise neutre.
  • Rowing haltères sur banc incliné, poitrine contre le dossier réglé à 30–45° : la version la plus simple si tu ne peux pas surélever un banc.
  • Rowing machine poitrine appuyée ou T-bar avec appui : même logique, réglage plus rapide, mais une charge qui ne se compare pas d'une machine à l'autre.
  • Tractions lestées : le tirage vertical qui complète le seal row, pour des dorsaux solides sur le banc et au soulevé de terre.

Pour construire le reste de tes assistances autour de ce tirage, vois le guide des exercices accessoires en powerlifting.

Questions fréquentes

Comment faire un seal row sans banc dédié ?

Pose un banc plat sur deux plyo box ou deux supports solides de même hauteur, et vérifie qu'il ne bouge pas avant de t'allonger. Fais un test à vide : bras tendus, la charge ne doit pas toucher le sol. Si tu ne peux pas monter assez haut, fais un rowing haltères poitrine appuyée sur un banc incliné.

Seal row avec une barre ou avec des haltères ?

La barre permet de charger plus lourd et de progresser par paliers de 2,5 kg, mais elle s'arrête contre le dessous du banc. Les haltères passent de chaque côté du banc, donnent plus d'amplitude en haut et une prise neutre. Prends la barre si tu cherches surtout la force, les haltères si tu veux plus d'amplitude ou si ton banc est un peu bas.

Quels muscles travaille le seal row ?

Le seal row cible les rhomboïdes, les trapèzes moyens et inférieurs, le grand dorsal et l'arrière des épaules, avec les biceps en renfort. Comme le banc porte ton buste, les lombaires et les jambes ne participent presque pas. C'est ce qui permet de l'ajouter pendant un bloc lourd sans alourdir la fatigue du bas du dos.

Seal row ou pendlay row : lequel choisir ?

Le pendlay row fait aussi travailler le gainage et la mise en tension depuis le sol, proches du soulevé de terre, mais il fatigue les lombaires. Le seal row isole le haut du dos. En phase de base, le pendlay row a toute sa place ; quand le squat et le soulevé de terre deviennent lourds, passe au seal row.